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mardi 8 mars 2016

Safe African Investment : la finance africaine à maturité

Considéré comme un membre de la « jeune garde » des élites économiques africaines, Yoann Gandzion est désormais à la tête de Safe African Investment, une firme dédiée à l’accompagnement des investisseurs en Afrique. Et lestée d’une ambition qui excède largement le champ financier…

Yoann Gandzion
En créant Safe African Investment (SAI) en 2015, Yoann Gandzion a souhaité déployer une offre solide au service d’une ambition pour le continent. En effet, pour celui qui désire « développer les potentiels de l’Afrique », il était plus que nécessaire d’offrir au marché la possibilité de se faire accompagner pour investir aussi bien dans des projets pré identifiés que sur des secteurs plus ouverts. Car si les perspectives sont très optimistes sur le continent, notamment dans les infrastructures pas question de se lancer sans analyser tous les enjeux.

En se spécialisant sur des secteurs stratégiques (voire vitaux), Safe African Investment a pu multiplier les opérations. Sa spécificité ? Apporter aux pouvoirs publics des financements jusqu’à 100% sur des projets prioritaires. Une démarche dans la droite ligne des recommandations du PNUD en la matière, qui incite régulièrement les acteurs privés à prendre leur part des efforts financiers à accepter dans le cadre du développement des économies africaines.

Un développement qui se veut, de plus, complètement durable, avec une attention particulière au secteur des énergies renouvelables, qui aura dans les années à venir un rôle essentiel à jouer. Mais si Yoann Gandzion prône une finance « responsable » (au point d’être qualifié par la presse d’« investisseur responsable »), cela ne veut pas dire qu’il néglige les fondamentaux. Pour ce spécialiste des produits financiers complexes, qui a notamment une forte expérience de montages techniques sur le marché des commodities et sur les produits dérivés, l’Afrique


Grâce à son expertise de financier et à sa maitrise des enjeux, SAI a donc pu participer à plusieurs partenariats public-privé (PPP, notamment au Congo. Dans ce cadre-là, Yoann Gandzion a déjà financé des infrastructures au Congo. Et dans le secteur de la santé, Safe African Investment a, sous sa houlette, monté des financements pour un montant global de 180 millions d’euros au service du dispositif de santé public local. 

mercredi 10 février 2016

Afrique : l'entrepreneuriat au service de l'activité économique

Si, pour beaucoup d'experts, l'Afrique gagne énormément à accueillir des investissements internationaux, notamment chinois ou américains, certains acteurs locaux tentent de s'appuyer directement sur les populations locales. En Afrique, une nouvelle génération d'entrepreneurs apparaît et tente de proposer des activités et une croissance alternative, fondée sur le progrès social et économique, mais aussi respectueuse de l'environnement. Mais si les obstacles sont nombreux, certains succès restent à souligner.

Eduqués, souvent formés à l'international, les jeunes entrepreneurs africains ont fait le choix de retourner sur leur continent pour y mettre en œuvre leur compétence. Récemment, le think-tank terangaweb proposait même un classement des 30 jeunes entrepreneurs africains de moins de 30 ans à connaître. Que ce soit dans la santé, l'écologie, le commerce équitable ou les nouvelles technologies de l'information et de la communication, les résultats sont là et permettent d'envisager une croissance différente. Le kényan Eric Muthomi a ainsi développé une start-up visant à prendre en charge la distribution et la commercialisation de bananes au profit de petits exploitants reculés, ayant difficilement accès aux centres urbains.

D'autres, comme la nigérienne Ola Orekunrin, propose le premier service d'ambulance aérienne et d'évacuation en Afrique de l'ouest, venant ainsi à l'aide de pouvoirs publics pas toujours capables de répondre aux exigences et aux attentes des habitants de leur pays. Ainsi, pour cette nouvelle génération d'entrepreneurs, l'économie doit se mettre au service des populations. Plus encore, les populations locales ont un rôle majeur à jouer dans cette création d'un tissu de petites et moyennes entreprises qui se développent, notamment dans les grandes villes du continent. En effet, car elles constituent une main-d'oeuvre viable et connaissent le terrain, les populations constituent le premier capital humain pour ces jeunes entrepreneurs d'un nouveau type, rompant ainsi avec les pratiques contestables de certains groupes internationaux, qui travaillent quasi-exclusivement avec des expatriés.

Et les gouvernements semblent avoir compris cette problématique. En effet, une grande partie des gouvernements africains consacrent une part toujours plus grande de leur budget à l'emploi à encourager les créations d'entreprise, répondant ainsi au désir des jeunes africains. Mais là encore, la prudence est de mise, et les success story sont rares en matière de startups, surtout sur un continent où les infrastructures restent vétustes et où le climat général politique et social demeure peu propice aux investissements.

mercredi 9 décembre 2015

La classe moyenne africaine au service de la croissance du continent

Après des années difficiles, la reprise économique est là et, même en Afrique, les progrès se font sentir. Un document du FMI donnait des chiffres de croissance impressionnants pour l'Afrique subsaharienne, avec 4 % en 2016 et 4,7 % en 2017, soit près de 2 points de plus que la moyenne mondiale. Et de plus en plus, l'Afrique peut compter sur une vaste classe moyenne, éduquée et capable de créer une forte demande interne. Certains secteurs, comme le café, décident ainsi de se recentrer sur le continent.

Même pendant la crise, la classe moyenne africaine n'a cessé de croître et tend à jouer un rôle économique majeur pour le continent, notamment par une consommation accrue, jouant directement sur les productions locales. En effet, les exportations ne représentent ainsi plus la seule manne financière pour le continent, qui peut désormais compter sur sa propre demande, attirant parfois même les grandes multinationales, bien souvent rétives à investir en Afrique. Le géant américain Starbucks a ainsi, après l'Afrique du Sud au premier semestre 2016, prévu d'ouvrir ses premiers magasins dans certaines grandes métropoles d'Afrique subsaharienne. Parfois, ce sont même des acteurs locaux, comme le groupe nigérian Neo, spécialisé dans le café 100 % africain et très présent à Lagos, qui décident de se concentrer dans les quartiers d'affaires, où ils trouvent une clientèle nombreuse.

Au Nigeria, par exemple, la classe moyenne a été multipliée par 6 entre 2000 et 2014, laissant entrevoir des possibilités réelles pour l'économie locale. Et de plus en plus, les groupes étrangers, notamment dans le secteur de la restauration rapide, viennent investir sur le continent. C'est ainsi le cas de Starbucks ou Domino's Pizza et ce, malgré des difficultés évidentes liées à la vétusté toujours problématique des infrastructures de transport. En Afrique de l'ouest, le développement de la classe moyenne, même si le nombre divise les experts, constitue un investissement d'avenir, à tel point que certains parlent déjà de « Nouvelle Asie ».

Pour le groupe Ecobank, le café africain entre dans « une nouvelle ère », tant la demande domestique devrait un jouer un rôle crucial dans l'avenir. Bientôt, pour les trois producteurs de café que sont l'Ouganda, la Côte d'Ivoire et l’Éthiopie, la valeur des exportations devraient être inférieure à la production destinée aux consommateurs locaux, où qu'ils soient en Afrique subsaharienne. En bref, un changement majeur dans l'économie du continent.

samedi 29 juin 2013

Le développement : une affaire locale ?

Une recension à lire, sur le site de Jean Dumonteil, et dont nous donnons ici un extrait :

"Le développement territorial en Afrique se construit avec des collectivités locales qui ont des moyens humains et financiers encore très limités. Guy Matteudi rappelle qu’ "en 2005, le volume total des ressources annuelles des collectivités locales africaines s’élevait environ à 8,5 milliards d’euros, dont 7 milliards pour l’Afrique du Sud (82 %) et 500 millions pour l’Afrique subsaharienne (6 %)". Aujourd’hui, tous les économistes parle du réveil de l’Afrique, évoquent des taux de croissance qui vont transformer des Etats pauvres en pays émergents. Faut-il partager cet optimisme ? Le développement du continent émerge à partir de territoires où le secteur de l’économie informelle urbaine et rurale domine (72 % des emplois en Afrique subsaharienne en 2010 selon le BIT) et où 90 % de la population n’a pas de compte bancaire. Dans la lignée d’Esther Duflo, Emmanuel Matteudi nous appelle à repenser la lutte contre la pauvreté. Les objectifs du millénaire pour le développement fixés par l’ONU seront d’abord atteints à l’échelon local. Education, santé, sécurité alimentaire, accès aux services essentiels, autonomisation des femmes sont le socle de ce développement."

lundi 18 mars 2013

Hamdoun Touré, Laure Olga Gondjout, Sett Sall : les acteurs de la solidarité numérique


Réalité de la fracture numérique sur le continent noir


Fort d’une population de 1,1 milliards d’habitants (est. 2013), le continent africain compte 140 millions en 2011, enregistrant la plus forte croissance (+ 412% en 5 ans). En valeur absolue, l’Afrique se place devant le Moyen-Orient (5,2% de la population mondiale d’internautes) et l’Amérique du Nord hors Etats-Unis (3,6%). Le continent semble rattraper son retard sur les autres grands ensembles régionaux, toutefois cette croissance exponentielle est à nuancer. En effet, en 2007 le nombre d’internautes africains n’était que de 34 millions, contre 110 pour l’Amérique latine. Rapporté à son important poids démographique, la proportion d’internautes au sein de la population totale n’atteint que 12% (contre 71,2% pour les Etats-Unis en 2010). Si l’internet africain accuse encore un retard relatif par rapport à ses voisins sud-américain et asiatique, le marché de la mobilité est en pleine expansion comme l’en attestent les chiffres suivants : 649 millions de cartes SIM au 4e trimestre 2011 (plus d’un Africain sur 2) ; taux de croissance de 30% depuis 10 ans, l’Afrique est ainsi devenu le 2e marché du monde après l’Asie. Aucun pays ainsi que secteur de communication n’est épargné par cette « déferlante numérique ». Le parc de téléphone fixe au Burkina-Faso est estimé à approximativement plus de 142 000 appareils en 2012, alors qu’il atteignait péniblement les 95 000 combinés en 2006.  Cependant, le continent noir contrairement au Nord affiche encore de trop grandes disparités entre régions connectées, intégrées par le numérique à la mondialisation (Afrique du Nord, Nigéria et Afrique du Sud) et le reste.


Les acteurs de la réduction de la fracture numérique en Afrique


Secrétaire Général de l’UIT (Union Internationale des Télécommunications) depuis 2007, le Docteur Hamdoun I. Touré est originaire du Mali. Diplômé d’une maîtrise en ingénierie électrique de l’Institut technique de l’Electronique et des Télécommunications de Leningrad et d’un doctorat de l’Université d’Electronique, de Télécommunication et d’Informatique de Moscou, le Docteur Touré est engagé dans la promotion des TIC dans le monde, qui selon lui constituent le « moteur du développement social et économique ». Par la responsabilité qui lui est conférée de par son poste, le Secrétaire Général de l’UIT a supervisé des projets reposant sur la coopération entre acteurs privés, Etats et organisations internationales.

Laure Olga Gondjout
A l’échelle continentale, Laure Olga Gondjout est présentée comme l’un des pionniers sur les sujets numériques. Ministre de l’information et des technologies de l’information du Gabon (poste qu’elle occupe à plusieurs reprises à partir de 2007), Mme Gondjout a participé activement à plusieurs conférences internationales, notamment lors du Sommet Mondial sur la Solidarité Numérique de 2008, qui permit la fameuse « déclaration  de Lyon ». Laure Olga Gondjout s’est également illustrée en organisant, à Brazzaville, la première Conférence des Ministres de la CEMAC en charge des TIC, par son rôle décisif sur les projets WAFS de la sous-région, ou plus récemment par sa participation à la TICAD V.

Coordinateur d’un projet de lutte contre la fracture numérique dans son pays, le Sénégalais Sett Sall a lui aussi fait de son combat contre réduction de ce « digital divide » qui sévit dans les pays du Sud, une priorité. En prélude du programmme « Volontariat numérique », Monsieur Sall et ses collaborateurs en partenariat avec l’Iratic (l’Institut de recherches appliquées en TIC) appelle la jeunesse et l’ensemble des spécialistes en informatique du pays à former leurs concitoyens à se familiariser avec les technologies numériques. Pour le responsable du programme, par un engagement volontaire du citoyen la fracture numérique peut être résorbée à la fois en formant et en renforçant les capacités en informatique et TIC de chaque individu.